ACADÉMIE DES SCIENCES ARTS ET BELLES LETTRES DE MÂCON

 

Adresse : Hôtel Senecé, 41 rue Sigorgne, 71000 Mâcon
Tél : 09 75 60 45 35 – 03 85 38 81 18
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Site internet : http://www.academiedemacon.fr - http://www.chapelledesmoines.fr

 

Bureau

 

  • Présidents d’honneur : Jean Combier, Jean-Michel Dulin
  • Président : Vincent Lauvergne
  • Vices-Présidents : Robert Delorme et Jean-Amédée Lathoud
  • Secrétaire général : Micheline Cotessat
  • Trésorier : Evelyne Fénart
  • Autres membres du Conseil d’administration : Michel Anicet, Georges Audra, André Bazzana, Jacqueline Bernet, Jean-Michel Dulin, Marie-Martine Dupeuble, Henri Galland, Claus-Peter Haverkamp, Jean-Amédée Lathoud, Philippe Prompt.

 

Madame Jacqueline Bernet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.), membre titulaire, est chargée des relations avec la Conférence Nationale des Académies.

 

Historique

 

L’Académie de Mâcon a été fondée en 1805 sous l’appellation «  Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres ». Sous l’impulsion du baron de Roujoux, préfet, et de Pierre Bargaud, maire de Mâcon, onze personnes décidaient de se rencontrer régulièrement et de réfléchir à la vie du monde.

L’Académie a été reconnue d’utilité publique en 1829.
Elle a pour but de susciter des travaux et publications dans les domaines de la littérature, des sciences, arts, histoire, archéologie et d’autres domaines d’ordre intellectuel et culturel. A ce titre, elle organise des conférences, des expositions, des concerts et s’associe à la Ville de Mâcon et à d’autres associations mâconnaises pour l’organisation d’événements culturels.

Quelques dates repères :
9 septembre 1805 : création de la Société d’Encouragement
30 décembre 1805 : la Société prend le nom de « Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres »
Juillet 1829 : la Société reçoit la reconnaissance d’utilité publique de Charles X
1852 : la Société se donne le nom d’Académie des Sciences, Arts, Belles-Lettres et d’Agriculture de Mâcon.
1896 : L’Académie fait l’acquisition de l’Hôtel Senecé
1900 : Académie de Mâcon (Société d’Agriculture, Sciences et Belles-Lettres de Mâcon)
1926 : classement à l’inventaire des Monuments Historiques des façades, des toits et de la cour de l’Hôtel Senecé
1962 : Classement aux Monuments Historiques des salons de l’Hôtel Senecé

Pôles d’Excellence
L’Académie de Mâcon entend promouvoir les pôles d’Excellence qu’elle a développés tout au long de son existence, à savoir :
Archéologie/Préhistoire
Lamartine dans toutes ses facettes
Art roman à travers Cluny
Agriculture/Viticulture
Poésie
Les séances mensuelles ont lieu le 1er jeudi du mois, sauf en août.

 

Patrimoine

 

L’Académie de Mâcon est propriétaire d’un patrimoine immobilier d’une remarquable qualité et notoriété :
- L’Hôtel Senecé, hôtel particulier du 18e siècle, acheté par l’Académie de Mâcon en 1896, qui abrite au 1er étage le Musée Lamartine géré par la Ville de Mâcon.
- La Chapelle des Moines de Berzé-la-Ville du 12e siècle, abritant des fresques d’inspiration byzantine et de renommée internationale, reçue en don en 1947.
- Le pavillon de la Solitude à Prissé, du 19e siècle, acheté en 1955 et reconstruit en 1997 après l’incendie de 1996.
Les bibliothèques de l’Académie, constituées essentiellement de dons de ses membres, contiennent près de 40 000 documents (livres et pièces d’archives).
Nos collections sont composées d’objets d’art et de mobilier en grande partie mis à disposition du Musée Lamartine et exposés par celui-ci.

 

Hôtel Senecé

 

La Chapelle des Moines de Berzé-la-Ville - XII ème siècle

 

Le pavillon de la solitude (Lamartine) à Prissé

 

 

Admission de l'Académie de Mâcon au sein de la Conférence Nationale des Académies des Sciences, Lettres et Arts.

Cérémonie du 5 décembre 2013
Discours de Monsieur Vincent Lauvergne, Président de l'Académie de Mâcon

 

Madame le Secrétaire Général de la Préfecture représentant le Préfet,

Monsieur le Sénateur Maire,

Monsieur l’adjoint à la Culture de Mâcon,

Monsieur le Président de la Conférence Nationale des Académies des Sciences, Lettres et Arts,

Messieurs les Présidents et Membres des Académies de Villefranche, Dijon, Besançon, Nîmes, Orléans et Bordeaux, appartenant à la CNA,

Chères Consoeurs, chers Confrères,

Mesdames et messieurs,


Lorsque le 9 septembre 1805, sous l’élan créateur du Préfet Baron de Roujoux et du maire Mr Barjaud, la Société d’Encouragement voit le jour à Mâcon, les 11 fondateurs :

Barjaud (maire de Mâcon de 1804 à 1808), Blampoix (évêque ), Mottin (DG de l’enregistrement), Puthod de Maison rouge (créateur du jsl) , Moreau (receveur général), Trambly (suppléant au tribunal), Beauchamp (contrôleur des droits réunis) , Monnier (docteur en médecine), Jogues (libraire) , Larnaud (Avocat) et Doria ( maire de Mâcon en 1815), ne se doutaient pas que 208 ans plus tard, notre Académie se trouverait ainsi face à cette prestigieuse assemblée réunie aujourd’hui pour célébrer notre entrée à la Conférence Nationale des Académies des Sciences, Lettres et Arts.

Par votre présence, nous mesurons à sa juste valeur, l’honneur qui nous est fait.

Notre histoire se situe à la sortie du siècle des Lumières où dans la filiation des Académies et des Sociétés de pensées du 18eme siècle, des sociétés savantes apparurent au début du 19eme siècle en liaison avec le goût de l’histoire, les progrès scientifiques et les élans romantiques.

Dans un livre intitulé « Sociabilité et Erudition, les Sociétés Savantes en France », Jean-Pierre Chaline se livre à une très intéressante analyse de ces dernières, de leur rôle, leurs activités et du profil des personnes les constituant.

Le sujet de réflexion de l’ABSS à Dijon en 2014 : « Rôle des sociétés savantes dans la cité au XXIe siècle » démontre l’importance des enjeux qui nous attendent dans le futur.

Alors, devons-nous continuer d’être ces relais humanistes dont la mission est de réfléchir et de diffuser la connaissance et le savoir ? En se posant cette question, notre académie, en ce début de XXIe siècle est-elle dans la lignée de cette société d’encouragement née en 1805 ?

Pour répondre à cette question, je vais tenter de mettre en avant l’existence et le développement du rôle de notre Compagnie reposant sur un socle sur lequel je désire ancrer notre académie. Ce socle se compose de 4 piliers : Tradition, Modernité, Adaptation et Evolution.

Examinons notre 1er pilier et non des moindres : la Tradition.

Aujourd’hui, nous réalisons une des missions fondatrices des académies qui consiste à transmettre et à enrichir en permanence un contenu culturel à travers l’histoire forgeant ainsi une véritable conscience collective.

Comme la tradition se transmet de génération en génération, j’aimerais parler quelques instants de nos aînés prestigieux.

D’abord notre grand homme Alphonse de Lamartine membre de l’académie pendant 58 ans (fauteuil 4) et 4 fois président. Puis Goethe, non seulement poète mais aussi minéraliste.

Des préhistoriens archéologues de renommée : Boucher de Crevecoeur de Perthes (inventeur de la préhistoire), Testot-Ferry, Arcelin et maintenant Jean Combier.

Des gens de lettres et intellectuels remarquables : Aicard, Duby, Lacretelle, Laprade, Sicard (remplace l’Abbé de l’Epée à la tête de la fondation des sourds-muets)(tous membres de l’académie française) Henri Guillemin, Charles et Raymond Oursel intellectuels de grande qualité, Thibaudet, Quinet, Maritain et Bernard Bourgeois membre de l’institut.

Le beau-père de Mitterrand, Antoine Gouze a été aussi membre de l’Académie.

Des militaires : Amiral Jean de Tupinier, Lieutenant de Romanet, Général Janin, Général Pelissier, Général Schmitt, Général Marchand et nos Généraux actuels ; Louis du Roure, Robert Delorme, Michel Cheminal, Robert Fleisch, Jean Poli…

Des ecclésiastiques : Blampoix, Du Pont de Ligonnès (neveu de Lamartine)

Des savants : Adrien Bernard, Lenz (ami de Goethe), Alfred Lacroix, Mathieu (ami d’Arago), de Lalande et Niepce.

Des artistes : Cortot, Denon, Puvis de Chavannes Morlon, Guimet.

Et enfin quelques grandes familles mâconnaises : Denis, Labruyère, Bergeaud.

16 maires de Mâcon, 65 députés et 15 sénateurs ont été membres de notre compagnie.

Enfin deux mentions spéciales :

-une pour notre confrère Duréault qui a non seulement participé activement à l’achat de cet Hôtel (1ère séance le 28/11/1896) mais à qui l’on doit aussi l’attribution des fauteuils des titulaires en 1897.

-l’autre pour l’équipe autour de Jean-Michel Dulin Président sortant et Président d’honneur.

Michel Woronoff, de l’Académie de Besancon, ancien Président de la CNA de 2002 à 2004 nous a accompagnés en nous éclairant sur les attentes de la Conférence.

Aujourd’hui notre académie compte 32 académiciens dont 7 femmes toutes et tous remarquables par leurs travaux et leur implication dans l’activité de notre Compagnie...

Voici pour la tradition et le rappel de nos grands prédécesseurs à qui nous devons ce que nous sommes : Nous sommes le fruit de notre histoire.

Mais si continuer l’œuvre de nos remarquables ainés au travers de l’éducation, la connaissance, la communication et le partage fait partie de nos missions humanistes, intégrer la modernité (notre 2e pilier) dans notre vie académique nous permet de nous synchroniser avec notre temps.

Parfois la modernité se bâtit sur la tradition. En effet, au 19e siècle, un des objectifs de l’académie est de rassembler en son sein Agriculteurs, Intellectuels, Industriels et Commerçants afin de discuter des sujets « brûlants » de leur époque.

Fort de cette approche de partage et de réflexion intellectuelle, nous avons établi une relation très originale et de grande qualité avec l’Université de Bourgogne avec qui nous organisons depuis plusieurs années des Conférences débats sur des sujets sociétaux d’actualité : OGM, biodiversité, nanotechnologies, réseaux sociaux, nouvelles approches thérapeutiques, énergies renouvelables, l’éducation dans 20 ans, la fin de vie, la place de la personne âgée…

Un chercheur ou un maître de conférences de l’Université vient discuter avec un invité de l’académie impliqué dans le sujet. Un vice président de l’Université de Bourgogne anime ce débat.

Ces conférences débats permettent aux participants un échange avec les intervenants afin de se donner des axes de réflexion qu’ils pourront approfondir.

Tout en continuant ce travail avec l’Université de Bourgogne, dans les mois qui viennent, j’aimerais aussi mettre en place une série de communications portant sur les sciences sociales qui mettent l’homme au centre des préoccupations (autre objectif de l’humanisme). Sujets possibles : comprendre les grands outils d’accompagnement humain, l’Ecole de Palo Alto, la systémique, la résilience, l’importance des neurosciences.

Ce ne sont là que quelques sujets parmi un grand choix.

Nous continuerons ainsi à traiter des sujets de notre époque tout en respectant notre mission académique.

Le 3e pilier est l’adaptation.

A ce sujet Bouddha disait : « Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement ».

Pour nous, se mettre en adéquation avec des variables externes est une obligation vitale.

Ayant baigné pendant près de 40 ans dans l’informatique et enseignant toujours à Supinfo (école d’ingénieurs informaticiens) je peux affirmer qu’une des variables externes incontournable est l’utilisation de plus en plus massive des nouvelles technologies.

Rappelons-nous notre mission de diffusion de la connaissance et du savoir.

Nos réflexions et discussions avec le CRL (Comité régional du livre), Gallica, le CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques) et la BNF (Bibliothèque nationale de France) nous amènent à considérer et/ou reconsidérer nos moyens de diffuser l’information et la manière dont nous allons la stocker et la mettre à disposition.

En ce qui concerne notre Académie, nous faisons face à ce nouveau paradigme en mettant à disposition un site Internet performant permettant de consulter nos fonds et de faire des recherches documentaires.

La qualité du site de la CNA et le réseau Renater confirment cette orientation technologique.

Les nouvelles technologies vont certainement permettre un nouvel essor vers un humanisme renouvelé qui, néanmoins, aura toujours pour objectif l’éducation, la connaissance, la communication et le partage.

L’Evolution de notre académie en sera sûrement la réponse et cela va constituer le 4e et dernier pilier de notre socle académique.

En effet, forts de notre tradition de transmission et décidés à relever les enjeux de la modernité, nous voyons dans notre adhésion à la CNA, l’opportunité de rentrer dans ce réseau, dont nul n’ignore l’importance et avec lequel nous allons partager et apporter notre savoir faire, notamment sur nos pôles d’excellence : archéologie/Préhistoire, Lamartine sous toutes ses facettes, Viticulture/Agriculture, Art roman à travers Cluny et enfin Poésie.

L’histoire locale, la préservation de notre patrimoine et notre rôle de conscience territoriale font partie aussi de nos préoccupations.

Nos contributions futures à la Lettre des Académies, à la revue Akademos et au colloque annuel nous rapprocheront de nos consoeurs et favoriseront ces échanges indispensables à un enrichissement mutuel.

Nous continuerons assidûment à participer aux discussions sur l’avenir des sociétés savantes en étant contributeurs et acteurs de cette évolution dans un monde lui-même en complète mutation.

Ayant accompagné des petites et grandes organisations sur la conduite du changement, je mesure l’importance des efforts à mettre en œuvre pour faire face à ces nouveaux défis académiques tout en maintenant nos valeurs et nos missions.

Ceci est indispensable pour la survie, l’intégration et l’évolution de nos académies dans ce monde qui change.

Einstein a dit : « On ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré ».

Très influencé par Morin, Le Moigne et Malarewicz, en tant que praticien de la systémique, je sais la difficulté de faire bouger pour nos académies ce que Claude Bernard appelait : « L’équilibre du monde intérieur » et que Walter Bradford Cannon puis les systémiciens ont appelé « Etat homéostatique » c’est-à-dire l’équilibre autour duquel un groupe se rassemble pour sa stabilité et ainsi éviter de bouger.

En conclusion, laissez-moi vous redire l’immense honneur que vous nous faites en nous acceptant au sein de votre prestigieuse Conférence.

Aujourd’hui, le titulaire que je suis pense tout particulièrement à mes deux ancêtres Bouchard (Médecin, poète et ami de Lamartine) Président de l’académie de 1858 à 1864 et Chavot (Procureur) trésorier de l’académie de 1866 à 1868 qui en mariant leurs enfants m’ont permis d’être là après 4 générations.

Merci