ACADÉMIE DES SCIENCES INSCRIPTIONS ET BELLES-LETTRES DE TOULOUSE

 

 

Adresse : Palais des académies - Hôtel d'Assézat - place d'Assézat - 31000 Toulouse


Tel: 05 61 22 58 06


Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Site internet :  http://academie-sciences-lettres-toulouse.fr/

 

Bureau

 

Président: M. BOUDET Alain


Directeur : M. MOCH Olivier

 

Historique

 

Son origine (1640) est antérieure à celle de sa " sœur parisienne " (1666). Elle reçut ses lettres patentes de Louis XV en 1746. Composée de 50 membres titulaires et de correspondants français et étrangers, elle a constitué une bibliothèque de plus de 50.000 volumes et collectionné des manuscrits rares où apparaissent des concepts avant-coureurs touchant notamment la médecine.

Elle continue d'encourager les vocations par des prix locaux et nationaux décernés chaque premier dimanche de décembre et publie chaque année un volume de Mémoires.

 

Les Collections de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres

 

L'Académie des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres dispose pour ses assemblées, secrètes ou publiques, d'un salon du premier étage, où demeure une partie de ses anciennes collections, l'un des noyaux des musées municipaux. Dans l'hôtel de la Sénéchaussée, sur l'emplacement de l'église du Jésus, elle avait recueilli en 1785 les antiques légués par le chevalier Rivalzs : « autels votifs, inscriptions, colonnes et autres morceaux de sculpture » que nous avons conservés au Musée Saint-Raymond. Les Académiciens disposaient pour leurs assemblées ordinaires de sept tables avec leurs tapis verts, de vingt-sept bergères tapissées d'une toile de coton fleuri à fond gris et de vingt-et-une chaises de paille. La salle était tendue d'une tapisserie d'indienne sur laquelle étaient accrochés les portraits, encore conservés à l'hôtel Assézat : Philippe Antoine Garipuy, ingénieur de la Province, Hyacinthe Sermet, évêque constitutionnel, Louis XV, peint par Joseph Roques d'aprés Louis Michel Van Loo, Martin de Saint-Amand par Jean-Baptiste Despax. Au second plan de ce tableau nous apercevons le médaillier de menuiserie que l'Académie devait acquérir en 1763 de ses héritiers pour le prix de 12.000 livres, avec la collection de ce numismate, premier noyau du fonds municipal (Musée Paul-Dupuy). L'Académie a fait frapper deux jetons dont le revers montre une tête de Minerve brochant sur l'écu de France. L'un porte sur son avers une ruche, emblème du travail académique : collaboration dans la recherche et partage des résultats : LABOR OMNIBUS UNUS. Sur l'avers de l'autre Charles-Norbert Roettiers a gravé le profil de Louis XV. En 1776 et pour le prix de 720 livres, l'Académie Royale commande à Francois Lucas un buste de Louis XVI en marbre blanc de Carrare, transformé après 1793 en Lepelletier de Saint-Fargeau (Musée des Augustins).

 

Billet irrévérencieux : Une Académie, pour quoi faire ?

 

Il n’existe pas en France d’Académie des Sciences plus ancienne que celle de Toulouse et pourtant cette académie, malgré l’âge (de moins en moins) vénérable de ses membres, continue d’évoluer dans ses objectifs et dans ses ambitions, faisant preuve d’une verdeur insoupçonnée. Composée de scientifiques (médecins, chercheurs ou ingénieurs), de littéraires amoureux de notre langue et de philosophes cette assemblée choisit ses membres à une période de leur vie où , du moins leurs confrères le pensent-ils, ils ont atteint  la maturité de leur art. C’est à dire, souvent, à une époque où ils sont encore investis d’importantes responsabilités mais où, parfois, ils vont bientôt cesser de pratiquer directement leur art. De là cette image d’assemblée de notables qui va de pair, dans l’esprit du public, avec un refus systématique de la modernité.

Dans notre langage quotidien, une approche académique n’est pas souvent synonyme de créativité.

Il faut l’admettre, l’Académie des Sciences n’est plus le lieu où la science se crée au quotidien, elle a même cessé d’être cette entité prestigieuse qui ouvrait un forum aux chercheurs en même temps  qu’elle leur offrait une résonance internationale.

Et c’est très bien ainsi.

Cependant, les liens existants avec le monde de la recherche et de l’Université, la connaissance intime du contexte scientifique des nouvelles découvertes (et des sabirs correspondants) et, du moins peut-on l’espérer, un moindre besoin économique de notoriété et de reconnaissance font que l’académie, dans sa globalité et dans sa diversité, reste un forum privilégié où la Connaissance peut s’appréhender, s’analyser et se diffuser  vers les relais d’opinion et vers le public.

Ce rôle de vieux sages est devenu d’autant plus appréciable que la science est devenue plus polémique. Les exemples ne manquent pas :
-Les activités humaines sont-elles responsables des changements climatiques ?
-Les organismes génétiquement modifiés sont-ils nocifs ?
-Les composants chimiques présents à l’AZF peuvent-ils expliquer l’explosion ?
-Les nanotechnologies sont elles des techniques infernales ?
-Les manipulations génétiques sont-elles oeuvres d’apprentis sorciers ?
-L’évolution est-elle seulement une hypothèse comparable au créativisme ?
-.....

Chacune de ces questions trouvera aisément un expert pour apporter une réponse et un contre-expert pour témoigner passionnément du contraire. Ce n’est pas le rôle de l’Académie d’être le super-expert qui jouera le rôle d’arbitre mais plutôt d’éclairer le débat pour présenter aux hommes de bonne volonté les enjeux et les risques (en incluant la dimension humaine et sociale), ce qui est issu de la mesure et ce qui est issu de la modélisation, les hypothèses émises, les données qui confortent ces hypothèses et celles qui les infirment où qui autorisent le doute, bref de permettre au public non pas d’avoir une réponse lorsque la communauté intellectuelle ne paraît pas unanime mais de pouvoir juger par lui-même des enjeux et des risques et d’échapper à ce principe de précaution qui, mal employé, peut paralyser toute activité humaine.

Éclairer c’est ce que faisaient nos illustres devanciers au XVII° siècle : les lanternistes quand ils se rendaient à leurs réunions nocturnes un falot à la main,

Éclairer c’est ce que nous souhaitons modestement essayer de faire aujourd’hui dans une démarche plus humaniste qu’experte !

Les académiciens à la Lanterne !